1951 Montréal, Quartier Villeray
Je suis né le 19 Octobre 1951. C'est la mort de mon frère jumeau qui a provoqué ma naissance prématurée, à 7 mois. N'ayant pas eu le temps de compléter ma dernière rotation, avant même de le connaitre, je présentai mes fesses, à ce monde étrange.
Nous habitions sur Villeray, en face d'un grand parc. Mais je n'ai que deux souvenirs de cette époque. Le premier, j'étais assis dans ma chaise haute, dans la cuisine, pendant que ma mère travaillait, quand on a ramené ma soeur, qui venait de tomber de son tricycle. Le deuxième, j'étais encore assis dans ma chaise haute, dans le salon, quand j'entendis qu'on frappait à la porte. Puis, la porte s'ouvrit, et un monstre entra. C'était un ami de mon père, qui s'était déguisé en Père Noel. Il m'avait fait très peur.
1953 St-Bruno, en face de la gare
Quelques temps plus tard, nous avions déménagé à St-Bruno, en face de la gare. Il n'y avait qu'un petit dépanneur, deux maisons, celle des Côtés, et celle des Véronneau, où nous habitions, et plus loin, un garage.
Je me rappelle que ma mère travaillait toute la journée, dans la cuisine, à faire le ménage, le lavage, la couture, la cuisine. Et pendant qu'elle travaillait, j'écoutais la radio, dans ma petite chaise berçante. Il y avait de la musique classique et des opéras.
Parfois, au début de l'après-midi, la maison se mettait à trembler. La vaisselle bougeait dans les armoires. Ma mère levait la tête, regardait l'horloge, et déclarait: c'est l'heure, le train arrive, on va aller chercher le courrier.
En allant à la gare, nous passions devant le petit dépanneur, où ma mère arrêtait souvent, pour y acheter son Cherry Blossom, une friandise que je croyais n'intéresser que les grandes personnes. Puis, nous traversions la route et les rails, pour arriver à la gare, y ramasser le courrier et les télégrammes.
Devant la gare, il y avait des planches, entre les rails, pour nous aider à les traverser. À cette époque, je portais des bottines, Mon pieds droit était presque retourné vers l'arrière, et le médecin avait décidé que les bottines pourraient corriger le problème. Mais une fois, je m'étais pris le pieds, entre un rail et une planche. Je ne pouvais plus m'en libérer. Un train arrivait, et ma mère criait. Alors, un homme était venu me chercher, en me prenant dans ses bras. Je n'avais pas eu peur. Je n'avais pas vu le train. De toutes façons, je ne savais pas encore que les trains peuvent être dangereux.
À cette époque, il ne passait presque pas de voitures, sur la route. Aussi, nous allions souvent y jouer, jusqu'à ce que mon père revienne du travail. Il était souvent la seule voiture de la journée.
Mais nous allions plutôt jouer dans la cour. Elle était très grande, bordée de grands arbres, avec un ruisseau qui longeait la cour, jusqu'à un petit lac, où mon père allait souvent pêcher. Une fois, il avait attrapé un poisson, et pour s'amuser, il me l'avait balancé dans la figure, au bout de sa ligne à pêche. J'avais eu très peur, et ça l'avait fait rire.
Autrement, il aimait beaucoup essayer de faire voler ses cerfs volants qui se prenaient presque toujours dans les arbres. J'en avais fait ma première observation scientifique. Même s'il n'y a qu'un seul arbre, dans toute la cour, c'est là que le cerf volant va aller se prendre.
Enfin, tout au fond de la cour, il y avait une cabane à sucre. Qui d'autres à vécu une partie de son enfance, à coté d'une cabane à sucre? Même plus vieux, je racontais ça à mes amis, et personne ne me croyait. Nous y sommes quand même allé quelques fois, tout au fond de la cour. Il fallait grimper, dans un escalier qui ressemblait plus à une échelle. Mais une fois en haut, c'était le paradis. Il y avait toutes sortes de pâtisseries, de bonbons et de friandises, que les humains arrivent à faire, avec le sirop d'érable.
C'est à cette époque que je fis le premier rêve étrange dont je me rappelle encore. J'étais attaché sur une longue branche, que deux hommes transportaient dans la foret. J'étais vêtu d'une robe de longues tiges d'herbes. Quelques années plus tard, en me rappelant de ce rêve, je réalisai que l'histoire se passait en Afrique, et que ces deux hommes me transportaient vers leur village, où on allait me manger. Je me rappelai aussi, que dans ce rêve, le garçon avait plutôt onze ans. J'avais donc rêvé à une histoire qui se passait dans un pays dont j'ignorai l'existence, dont je n'avais jamais vu la moindre photo. Et si jamais cette histoire était le mienne, dans une autre vie, j'étais alors plus vieux, qu'au moment où je l'ai rêvé.
1955 Montréal, rue Charlemagne
Nous avions déménagé sur le rue Charlemagne, tout près du Jardin Botanique. Le premier matin, pendant que ma mère finissait de s'installer, elle m'avait suggéré d'aller jouer dehors. J'étais donc sorti, en avant, et j'avais marché quelques pas, devant les maisons, puis j'étais revenu sur mes pas, en marchant de l'autre côté, tout en remarquant que, non seulement les maisons étaient toutes semblables, mais surtout, je n'avais pas remarqué, quelle était le mienne. Après quelques minutes, a mère était sortie, et elle m'avait appelé. Par la suite, je jouais surtout dans la cour.
C'est dans cette maison, je vis ma première télévision, chez notre voisine. C'était une émission américaine, très populaire: Ed Sullivan Show. Par la suite, mon oncle, le frère de ma mère, celui qu'on disait fou, mais qui était bon dans tous les domaines, cet oncle qui réparait déjà les motos et les bicycle, depuis quelques temps, il réparait aussi les radios et les télévisions. Il avait appris ça en lisant des livres américains, et donc, il avait aussi appris l'anglais, du moins, il avait appris à le lire.
Il s'était donc parti un petit atelier de télévisions. Il ramassait les télévisions qui ne fonctionnaient plus, il les réparait, puis il les vendait. Il nous en avait donc fournie une. Et la première fois que je regardai notre nouvelle télévision, c'était un film: les Trois Mousquetaires.
C’est aussi à cet endroit, que je fis mon deuxième rêve étrange. Un monstre me poursuivait, je m’étais éveillé en hurlant, et me mère était venu me consoler, en disant: ce n’est qu’un rêve. Encore une fois, quelques années plus tard, en fouillant dans une encyclopédie qu’elle m’avait acheté, j’avais revu le monstre de mon rêve. C’était un dinosaure, ou enfin, l’image qu’on avait imaginée, à partir des restes qu’on avait retrouvé. N'empêche, comment peut-on rêver à une bête dont on n'a jamais vu l'image?
1957 Montréal, 10e Ave, Rosemont
J'avais 5 ans, quand nous avons déménagé sur la 10e Avenue, à Rosemont. Derrière notre rangée de maisons, il y avait un grand champ vide, où nous allions jouer. En hiver, on pouvait même y patiner, Des voisins avaient nettoyé la place, et ils l'avaient arrosée. Nous sortions de la maison, et nous étions sur un immense terrain de jeu.
C'est là que j'ai commencé ma première année d'école. La première journée, avec ma mère, nous étions allé dans une espèce de vieux couvent, où il n'y avait que des religieuses. Au début, nous attendions dans la cour de l'école. Nous étions des milliers d'enfants, Puis, on a essayé de nous installer dans les classes. La mienne était pleine. Il y avait même des enfants debout. En fait, on venait de réaliser qu'il y avait eu un explosion de naissance, ce qu'on appelait le baby-boom. Et on n'avait pas fini de construire les écoles. On nous a donc retourné chez nous, et il a fallu attendre quelques semaines.
La première journée d'école, la maitresse nous avait dit qu'il y a un dieu qui voit tout, qui sait tout, et si on ne l'écoute pas, on risque de se retrouver en enfer, où il y a une grande horloge grand-père, avec un long balancier, qui répète continuellement: toujours bruler, jamais sortir.
Dans cette classe, on m'avait placé en arrière, parce que j'étais plus grand que les autres enfants. Et puis, quelque temps plus tard, la maitresse avait décidé que je voyais mal. Elle avait donc suggéré à ma mère, de m'envoyer chez un opticien. La plupart des gens n'ont pas une vision parfaite, et s'ils vont voir un opticien, on va surement leur prescrire des lunettes. C'est aussi ce qu'il m'est arrivé. Quand je retournai en classe, avec mes lunettes, tout le monde se moqua de moi, en m'appelant: les barniques.
Plus tard, elle trouva aussi que je parlais mal. Je ne me souviens pas de ça, sauf que parfois, il m'arrivait de chercher mes mots, pour demander quelques chose de spécial. Enfin, ma mère m'inscrivit à une école de diction: le studio de Carmen Côté, et je commençai mes cours, la semaine suivante. C'est à cette école, que j'appris à réciter des poèmes, à chanter, à danser. Et quelques mois plus tard, j'étais invité à la télévision de Radio Canada, à l'émission de la Boite à Surprise, dans l'équipe de Madeleine Arbour.
Les studios de la Boite à Surprise, c'était en fait, un seul grand studio, avec de petites scènes tout autour. La place de Madeleine Arbour se trouvait juste à côté du Pirate Maboule. Pour moi, c'était la version terrestre du paradis.
Plus tard, nous avions aussi préparé un spectacle, que nous devions présenté au célèbre théâtre Gesù. Nous y récitions des poèmes, nous chantions, dansions, et nous avions même présenté une courte pièce de théâtre, pour enfants.
Bien sur, quand la nouvelle se répandit à l'école, la maitresse n'était pas contente. Ce genre de choses, ça allait nuire à mes études. En fait, quelque temps plus tard, elle avait remarqué que je regardais souvent par les fenêtres, pendant qu'elle répétait la même chose, pour la centième fois. Elle avait donc suggéré à ma mère, de m'envoyer consulter un psychologue.
Le psychologue avait longtemps parlé avec moi, et il était très gentil. Jamais il ne se moquait de moi, que ce soit à cause de mes questions étranges, ou de mes réponses. Enfin, il me suggéra de faire un casse-tête, pendant qu'il parlerait ma mère, dans son bureau fermé. J'avais quand même remarqué qu'il y avait une grande fenêtre, entre son bureau et la salle où je me trouvais. La fenêtre était comme un grand miroir. J'ai donc pensé que c'était une fenêtre spéciale, et qu'il pouvait me voir, pendant qu'il parlait avec ma mère. Aussi, pour m'amuser, j'avais retourné les pièces du casse-tête, de façon à ne plus voir les images, et j'avais assemblé le casse-tête, en me fiant aux dessins des fils du carton. Quand il sorti de son bureau, il m'expliqua qu'il m'avait vu, retourner les pièces du casse-tête, et ça l'avait beaucoup amusé.
Enfin, il avait aussi expliqué à ma mère, à la maitresse et à la directrice, qu'il fallait me faire sauter une classe, afin d'éveiller mon intérêt. Pour la maitresse, ce fut encore l'occasion de se moquer de moi. Pour elle, j'étais un enfant dérangé, une espèce d'idiot, et il fallait me faire sauter une classe. Tout le monde se moqua de moi. Et malgré mon intelligence, je n'ai jamais compris pourquoi.
1960 Jacques-Cartier
Quelques années plus tard, nous déménagions à Longueuil, sur la Rive-Sud, dans une nouvelle régions qui s'appelait alors: Jacques-Cartier. Mon père y avait acheté un terrain, et il y avait fait bâtir une maison, selon les plans que nous avions dessinés, à la maison. Au début, il n'y avait que 2 ou 3 maisons, sur la rue. La rue était sur la terre, et il n'y avait pas de trottoirs. Mais une petite rivière longeait la rue, en fait, c'était les égouts. Il fallu encore quelques années, avant que d'autres maisons se construisent, qu'on fasse la rue et les trottoirs.
Nous avions déménagé au mois de Mai. L'école était donc presque finie, mais pas encore. Pour ma première journée, ma mère m'avait accompagné à l'école, pour rencontrer le directeur, et m'inscrire. Par la suite, on me présenta à la maitresse, qui me désigna ma place, dans sa classe. Mais avant que je sois à ma place, elle m'avait posé 2 ou 3 questions, auxquelles je n'avais pas su répondre. Alors, en s'adressant au reste de la classe, elle leur dit: vous voyez, en ville, ils n'en savent pas plus que nous.
Quelques temps plus tard, ma mère était venue me chercher, à l'école, avant la fin des cours. Nous avions une répétition, au studio de Carmen Côté, pour préparer notre participation, à une émission pour enfants, à la nouvelle télévision, que nous appelions alors: le Canal 10. Et comme je sortais de la classe, avec ma mère, la maitresse avait dit aux autres élèves: remercions le seigneur, nous n'avons pas besoin de suivre des cours, pour savoir chanter.
Le reste de mon école primaire fut quand même assez calme. Je n'allais plus au studio de Carmen Côté, je ne passais plus à la télévision, j'étais donc devenu, un élève: ben ordinaire.
Il y avait pourtant d'autre garçons qui semblaient n'avoir de plaisir, que lorsqu'ils s'attaquaient aux autres, et il semble que ni les professeurs, ni le directeur, ne voyaient jamais faire ces garçons. Il semble aussi que ces garçons n'attaquaient que ceux qu'ils croyaient plus faibles qu'eux. Et bien sur, ils les jugeaient souvent mal. Par exemple, j'étais grand, et assez résistant. Même quand un autre garçon venait me frapper, sur la tête, ou sur l'épaule, puisque ça ne me faisait pas forcément mal, je me retournais alors, comme pour voir ce qu'on me voulait. Mais pour ces garçons, mon attitude leur prouvait que j'étais faible. Un jour, un garçon m'avait frappé au visage, sans que ça me fasse vraiment mal. Mais il avait aussi cassé mes lunettes. Alors, je l'avais repoussé sur le tableau, où il s'était assommé, et il était tombé par terre. C'est là que la maitresse s'était enfin décidée à intervenir. Mais elle n'avait pas chicané le garçon qui m'avait frappé et cassé mes lunettes. C'est moi qu'elle m'engueulait, en me hurlant: essaie donc de te faires des amis. Peu importe, par la suite, ces garçons m'ont laissé tranquille.
1964 École St-Romain, Bédarville
Pour ma première année d'école secondaire, on m'envoya dans une petite école de Bédarville, qui n'était pas vraiment une ville, mais une rue éloigné, de ce qui s'appelait encore: Jacques-Cartier. L'école se trouvait au milieu d'un champ, près d'un lac. En fait, nous appelions cette région: le Chemin du Lac.
Le directeur de l'école était un homme très calme, presque absent. Mais son adjoint, le sous directeur, il se prenait pour un gardien de prison. Quant aux professeurs, il étaient tous très gentils. Mais en dehors des cours, personne ne semblait se soucier des élèves, même pas le gardien de prison.
Par exemple, pendant les récréations, nous allions marcher dans ce grand champ que nous appelions la cour d'école. Nous parlions entre nous, par petits groupes d'amis. Mais il y avait aussi ces autres garçons, qui ne semblaient chercher que les problèmes. Par exemple, il arrivait souvent qu'un groupe de garçons choisisse une victime la jette par terre, et tente de le dévêtir, pour lui pogner les fesses, comme on le disait alors. Mais aucun surveillant ne venait les arrêter, pas même notre gardien de prison. Un jour, quelques garçons avaient essayé de m'attraper. Mais j'avais résisté, et j'en avais frappé quelques uns. Après, on m'avait lassé tranquille. Mais dans la classe, ça n'était guerre mieux. Il y avait souvent de la bataille, sans que le professeur n'ose interrompre son cours, pour essayer de calmer tout le monde.
Encore une fois, j'étais assis en arrière de la classe, et j'avais un voisin, un grand garçon d'au moins 15 ans, que personne n'osait attaquer, bien sur. Une fois, pour plaisanter, il m'avait pris mes lunettes. Alors, je lui avais remis un billet, sur lequel j'avais écrit: si tu ne me remet pas mes lunettes... Et sur un autre billet, j'avais ajouté: je ne te verrai plus. Il avait trouvé ça drôle, il m'avait remis mes lunettes et, d'une certaine façon, nous étions devenus des amis, du moins, des espèces de complices.
Une fois, un garçon m'agaçait, sans arrêt, et mon ami m'avait alors dit: frappe le au visage, et il va te laisser tranquille. Sans trop y penser, j'avais suivis son conseil, et quelques minutes plus tard, comme le garçon m'attaquait encore, je l'ai frappé, et il s'est sauvé. Quant au reste de la classe, puisque j'étais un ami du grand garçon, j'étais donc devenu respectable. On ne m'a plus jamais attaqué.
Une autre fois, j'avais fais une avion, en pliant une feuille de papier, et je l'avais lancée dans la classe. Le gardien de prison, que je n'avais pas vu, nous regardait par la fenêtre de la porte de classe. Il m'avait vu lancer l'avion de papier. Mais il n'avait pas vu d'autres garçons se battre, ou fumer, dans la classe, et il n'avait pas vu deus garçons, qui se masturbaient, sous leur bureau. Il n'avait vu que le vilain garçon, qui avait lancé un avion de papier, dans la classe.
Il était donc entré, sans frapper, sans même s'excuser auprès du professeur, et il était venu m'arrêter, m'attraper par le cou, et me sortir de la classe, en m'accusant de tous les crimes. Une fois dehors, il m'avait trainé, jusqu'à son bureau, en me répétant: tu as peur, maintenant, tu vas voir ce qu'il va t'arriver. Mais j'en avais eu assez, et depuis longtemps, aussi, je n'avais pas plus peur du directeur, que des professeurs, ou des autres garçons. C'est la pratique qui forme l'individu, que ce soit par l'exercice, ou en le frappant. Aussi, je lui avais répliqué: je n'ai pas peur. On ne donne plus la peine de mort, pour avoir lancé un avion de papier dans la classe, et puis, mon père est bien pire que moi. Je suis sur qu'il va venir vous parler.
En effet, mon père était allé lui parler. Je ne sais pas de quoi, mais par la suite, je n'ai plus eu de problèmes avec ce gardien de prison. En fait, un peu plus tard, un frère religieux était venu nous rencontrer, pour nous parler de son collège. J'avais parlé avec lui, et il m'avait demandé: que veux tu faire plus tard? Alors, je lui avais répondu: je ne sais pas. Mais j'aimerais faire quelques chose de grand. Par la suite, il avait contacté mes parents, et on m'avait inscrit au Collège Notre-Dame, à Mascouche.
1965 Collège Notre-Dame, Mascouche
Mon année, au collège Notre-Dame, ce fut tout simplement fantastique. Ce collège avait été la résidence d'une princesse du Luxembourg, pendant la deuxième guerre. Il était situé loin de la ville, près d'une colline. En haut, il y avait une grosse rivière, qui se transformait en lac, juste avant de devenir une chute, pour tomber dans une petite rivière, où nous allions pêcher. Autrement, il y avait des terrains de jeu partout, des patinoires, des terrains de football, de baseball, et aussi de grosses collines, où nous pouvions glisser, avec des traineaux que les frères avaient fabriqués.
Les frères étaient très gentils, et les collégiens aussi. Je m'y suis fait plusieurs amis. Dans ce collège, les cours étaient très importants, et nous passions plusieurs heures, dans la salle d'étude, à faire nos devoirs, étudier nos leçons ou, tout simplement, à lire des livres. En dehors des cours et de la salle d'étude, les frères nous invitaient aussi à participer à différents comités. En fait, ils nous tenaient très occupés, et nous aimions ca.
Nos parents venaient nous visiter, à toutes les deux semaines, et nous retournions à la maison, à la fin de chaque mois. Dès le premier mois, je me sentais déjà comme un ancien collégien. J'étais plus confortable au collège, qu'a la maison. Mais ce rêve ne dura qu'une année. Après, il me fallu abandonner mes amis, mes activités, ma vie, et revenir à la maison.
1966 Polyvalente Gérard-Filion, Jacques-Cartier
Ce fut ma première années, dans une grande polyvalente, avec autant d'étudiants, qui étaient tous très sympathiques. C'était quand même cette fameuse époque, où il était très important d'être Cool. Je m'y fis plusieurs amis, et je participais à plusieurs activités, comme le club d'échec. Mais surtout, c'était l'année de l'Expo 67. À Noel, j'avais eu un passeport, et j'y ai passé tout l'Été.
C'était fantastique. Tous les pays, tous les pavillons que j'ai visité, j'avais commencé à imaginer que c'était la vision du futur, un nouveau monde. Mais par la suite, avec les années, ce rêve à pris fin, et je me suis éveillé dans un monde qui ressemble de plus en plus, à un mauvais rêve.
1967 Polyvalente De Mortagne, Boucherville
Même si j'habitais à quelques rues de Gérard-Filion, on m'a quand même envoyé à De Mortagne, la nouvelle polyvalente de Boucherville. On venait d'en terminer la construction. Elle était situé au milieu d'un grand champ. Quand nous avions un moment de libre, nous sortions, pour faire le tour de l'école, dans la foret. C'est là que j'ai rencontré des gens, des professeurs qui m'ont presque orienté.
D'abord, c’est à cette époque que j'ai écris mon premier poème, enfin, celui dont je me rappelle encore, celui que le professeur de littérature trouvait mal écrit, même si toute la classe m'avait applaudit. J'avais aussi reçu plusieurs bons commentaires, de la part des autres professeurs, à propos des travaux que je leur avais remis. En me remettant mon travail, l'un de mes professeurs avait d'ailleurs déclaré que pour la correction de ce travail, il avait décidé de ne pas tenir compte de mes nombreuses fautes d'orthographe, pour ne pas nuire à ma note finale.
Enfin, lors d'un discussion avec mon professeur de physique, où il nous avait dit que l'univers est limité, je lui avais demandé: si cette limite se trouvait à deux pieds, devant moi, et si j'étendais le bras, est-ce que mon bras disparaitrait dans le néant, ou si je repousserais les limites de l'univers?
Il n'avait pas vraiment répondu à ma question. Mais il m'avait suggéré d'en faire un travail de recherche, pour la fin de la session. Je fis le travail, et je le présentai à plusieurs professeurs: physique, sciences-religieuses, méthodologie. Mes professeurs semblaient intéressés, même si la plupart n'avaient rien compris à mon travail. Mais on m'avait ensuite suggéré de rencontrer un orienteur, pour vérifier les possibilités futures.
En fait, cet orienteur était un psychologue, et parmi les tests qu'il m'avait fait passer, il y avait un test de quotient intellectuel, pour lequel j'avais obtenu un résultat de 180. Par la suite, les professeurs ne me voyaient plus comme avant. Je pouvais dessiner, pendant le cours de chimie, et le professeur ne disait pas un mot. Il passait tout près de mon bureau, comme si j'étais en train de faire quelque chose de très important. Mais surtout, on m'avait proposer de poursuivre mes études au MIT, ce que mes parents avaient refusé. Heureusement. Parce que quelques années plus tard, j'avais revu l'un de mes confrères, qui était allé poursuivre ses études au MIT. Il avait fait un doctorat en physique. Mais il était revenu à Montréal, parce que les seuls emplois qu'on lui avait proposé, c'était dans des bureaux de l'armée, pour travailler sur des armes.
1968 Polyvalente Gérard-Fillion, Longueuil
L'année suivante, j'étais de retour à Gérard-Filion, où je croyais enfin redevenir un étudiant ordinaire. Mais, comme le disait un humoriste, pour moi, l'école secondaire, c'était devenu très secondaire.
Avec un premier ami, nous avions commencé un ciné-club. Il y avait déjà quelques possibilités. Bien sur, il fallait d'abord convaincre le directeur. Mais nous avions déjà un auditorium, une salle de spectacle, avec un écran pour les films, et derrière la salle, au deuxième étage, il y avait une cabine de projection, avec des projecteurs et une console de contrôles, pour le son et les lumières. Il ne restait plus qu'à trouver des films, ce que nous avions trouvés, chez un fournisseurs de Dorval. Pour le reste, nous nous annoncions nos films sur les portes d'entrées, et à la cafétéria. Nous n'avons jamais manqué de clients. Par la suite, nous organisions aussi des spectacles, enfin, nous invitions nos amis à venir les présenter dans notre grande salle. En peu de mois, nous étions devenus célèbres. Nos amis se demandaient même, si nous avions le temps d'aller à nos cours.
C'est à ce moment que j'avais commencé à prendre des photos. Je m'étais acheté une caméra, dans une boutique spécialisée, près de chez moi, et le gérant m'avait expliqué comment on pouvait développer les négatifs, et les imprimer sur du papier photo. En fait, il m'avait expliqué comment installer et opérer un petit laboratoire de photographie. Bien sur, j'avais commencé par du noir et blanc. C'était beaucoup plus simple que la couleur. J'avais même réussi à convaincre mon père, de me faire une petite cabane, dans le sous sol de la maison, en fait, une garde robe, où il m'avait fait une table, pour installer l'agrandisseur, et les bassin de développement. En peu de temps, j'étais devenu célèbre, à l'école, et dans plusieurs endroits. Je pouvais prendre des photos, les développer, les agrandir, pour la plupart des gens, c'était déjà de la magie. Mais qu'un jeune de 17 ans puisse faire tout ca, pour eux, c'était presque impossible. En fait, je faisais parfois des erreurs. Mais c'est pour ça qu'on prend plusieurs photos. Quant au développement des négatifs, ou a l'agrandissement des photos, peu importe les erreurs que je pouvais faire, ça se faisait toujours dans le secret et la discrétion de ma chambre noire.
Avec un deuxième ami, nous avions décidé de faire une émission d'informations étudiantes, et de la présenter à la station de radio CHRS, qui se trouvait tout près de l'école, au sous-sol de l'hôtel La Barre 500. La station s'appelait Radio Soleil, parce qu'elle n'opérait que pendant la journée. En fait, il y avait une autre station de radio, à New York, qui émettait sur la même fréquence, et il fallait lui laisser la place, dès le coucher du soleil.
Nous avions rencontré le directeur de la station, et l'idée semblait l'intéresser. Il m'avait présenté un animateur qui devait m'aider, me diriger, et mon émission devait commencer la semaine suivante. Il ne me restait plus qu'à communiquer avec les directeurs des polyvalentes de la région, afin de ramasser leurs nouvelles, leurs activées, et ensuite, rassembler tout ca en un texte, que je lisais, un peu comme on lit les nouvelles.
Peu de temps après, au lieu de travailler avec moi, mon ami était devenu un technicien opérateur, à la station de radio. Plus tard, il avait même travaillé à la station CJMS, de Montréal. C'est dire, quand on se donne la chance, on obtient parfois de bons résultats.
J'allais enregistrer mes émissions le matin, ce qui ne prenait pas trop de temps, et ensuite, je remontais au premier étage de l'hôtel, pour déjeuner dans leur petite salle. Le matin, ça ne coutait pas trop cher, Mais un jour, l'hôtesse vint me trouver, un peu gênée, en me demandant si je pourrais l'aider. Il y avait beaucoup de clients, dans la grande salle a manger, et il lui manquait un bus boy. En souriant, elle me demanda si je pouvais être son bus boy, pendant quelques minutes, et en échange, elle me proposa de payer mon déjeuner. J'acceptai, je ramassai les assiettes des clients, et parfois, certains me donnaient même des pourboires. À la fin, elle me remercia, en payant mon déjeuner, et alors, je lui demandai si je pouvais vraiment travailler comme bus boy. Elle en fut surprise. Pour elle, j'étais une vedette de la radio. Mais, elle ne semblait pas savoir que les bus boy étaient payés plus cher que certains animateurs, comme moi. Je devins donc un bus boy, dans un magnifique hôtel, et j'eu beaucoup de plaisir à y travailler.
Un peu plus tard, j'avais eu l'idée de faire une radio étudiante, à ma polyvalente. J'en parlai au directeur, qui ne se demanda même pas si j'avais les qualifications pour organiser tout ca. En fait, il me lassa même une certaine liberté.
D'abord, j'avais trouvé deux amplificateurs, dans le bureau de la directrice de notre bibliothèque. Elle ne savait pas d'où ça venait, et elle était bien contente de s'en débarrasser. Ensuite, j'avais demandé de l'argent au directeur, pour acheter des hauts parleurs, un microphone, une table tournante, un mixer et du fil, pour relier tout ca. Un technicien de la station de radio m'avait donné quelques conseils électriques. Il fallu aussi demander à mon père de nous faire une console pour y installer la table tournante, le microphone et le mixer, afin d'avoir l'air d'une véritable station de radio. Enfin, il y avait un dernier problème. Il nous fallait un petit local, pas trop loin de la cafétéria. On nous donna celui de l'ancienne infirmière. En quelques jours, notre station de radio était en ondes, enfin, en hauts parleurs, à la cafétéria.
Bien sur, toutes ces activités n'auraient pas pu se faire, si j'avais continué de suivre tous mes cours. J'étais donc devenu, à la fois, un héro de l'école, et une espèce de décrocheur, ce qui n'avait pas empêché le directeur de m'envoyer comme délégué des Indes, au neuvième séminar bilingue de l'Organisation des Nations Unies. Le séminar se tenait au collège Jean-de-Brébeuf. Tous les participants avaient été choisis parce qu'ils étaient les meilleurs étudiants de leur école. J'étais le seul décrocheur, non officiel, à participer à ce genre de séminar.
Mais il y a pire, encore. Quelques temps plus tard, j'étais devenu professeur suppléant, pour les écoles primaires de la commission scolaire de Jacques-Cartier. En fait, on m'avait même assigné à l'enfance inadaptée, quand je n'avais pas la moindre qualification, même pour l'enfance ordinaire.
1971 Collège Édouard Montpetit, Longueuil
L'année suivante, je fus admis au Cegep Édouard-Montpetit. Dès les premiers jours, en rencontrant mes professeurs, je fus engagé comme appariteur au laboratoire de physique. Il fallait simplement organiser et préparer les expériences du laboratoire. Ça me donnait donc un avantage, sur les autres étudiants.
C'est dans ce laboratoire, en fouillant avec un ami, qui était appariteur au laboratoire de chimie, que nous avions découvert la boite d'un rayon laser. Le professeur de physique ne savait même pas qu'il y avait un laser, dans l'entrepôt de son laboratoire. Avec mon ami, nous avions fait quelques expériences, avec ce laser, en installant des lentilles et des miroirs, un peu partout dans le laboratoire, et en allumant des cigarettes, pour créer une fumée, qui nous permettait de voir le cheminement du rayon laser.
Plus tard, j'avais remarqué une espèce de table graphique, qui était en fait, une espèce de petit ordinateur portable, relié à une traceuse. Je ne savais pas à quoi ça devait servir, et le professeur non plus. Mais j'avais quand même commencé à jouer avec.
Cette étrange machine pouvait tracer des lignes, des dessins, mais elle avait aussi un clavier, une fente, par où elle pouvait lire des cartes, sur les quelles il y avait des cases que l'on pouvait noircir, avec un crayon feutre. Bien sur, il y avait aussi un petit livre magique, contenant tous ses secrets.
En fait, c'était relativement simple. Il y avait un code, un langage, pour lui demander de lever ou baisser le crayon traceur, et on pouvait le déplacer, en lui donnant des coordonnées, ou des fonctions. En fait, on pouvait aussi lui faire calculer des fonctions trigonométriques, et donc, les faire tracer. Le professeur en était presque aussi surpris et fier que moi.
Peu de temps après, en continuant de m'amuser avec ce nouveau jouet, j'avais remarqué qu'on pouvait utiliser les cartes d'entrées, pour corriger des examens. Il suffisait de demander aux étudiants de noircir les cases qui correspondaient à leurs réponses, et il ne restait plus qu'a les comparer avec les bonnes réponses que les professeurs m'avaient données, pour ensuite demander à mon ordinateur magique, d'imprimer les résultats sur la carte. Les professeurs m'en revenaient pas, qu'on puisse faire ce genre de travail, avec une petite machine, que personne ne connaissait. Mais le pire, c'est que cette machine avait été magiquement programmée, par un étrange étudiant, que personne ne connaissait. Plusieurs se demandaient: qui est ce type, d'où il vient, et que fait-il ici? En fait, je me posais aussi les mêmes questions, sans avoir plus de réponses qu'eux.
Dans un autre cour, en biologie, ou le professeur portait un nom très semblable au mien, je l'avais aidé, en photographiant une cellule, à travers son macroscope. J'avais simplement enlevé son oculaire, et fait quelques essaies, en déplaçant ma caméra, au dessus de son macroscope. L'une des photos était excellente. Il l'avait utilisé pour illustrer la couverture de son livre, et pour me remercier, il avait ajouté mon nom, sous la photo.
Quand je suivis son cours, plusieurs étudiants avaient remarqué que mon nom figurait aux premières pages de son livre. Et certains avaient cru que j'étais l'auteur ce de livre. Alors, parmi les plus brillants, ils se demandaient: c'est lui qui a écrit le livre de biologie, que vient-il faire ici?
Aussi, je prenais des cours avec un professeur de Judo, qui me donnait aussi des cours d'Aïkidos. En fait, il donnait aussi des cours de tir, dans le sous sol d'une école primaire, près de Gérard-Filion. C'est avec lui que j'ai appris à tirer. J'avais aussi essayé d'aller à la chasse, au chevreuil, dans la région de Sorel. À un moment, j'en avais aperçu un. Il mangeait dans le champs. Je me préparais à tirer, quand il leva la tête, et me regarda. Quelle beauté. Je l'aurais plutôt pris dans mes bras. Alors, je cassai une branche, au dessus de ma tête, et la magnifique créature se mit à courir. Je retournai encore en foret, en espérant apercevoir ces magnifiques créatures. Mais je ne retournai plus jamais, à la chasse.
Enfin, en plus de mes exploits aux laboratoires de physique et de biologie, grâce à un grand cousin, j'étais aussi devenu placeur, à la Place des Arts. À cette époque, il fallait demeurer à Montréal, pour travailler à la Place des Arts. Alors, j'avais donné l'adresse de mon cousin. Il habitait dans le nord de la ville, tout près du Parc Belmont. Vraiment, comment peut-on habiter aussi près de ce paradis terrestre?
Enfin, travailler à la Place des Arts, même si on était payés, ça n'était pas un vrai travail. Nous devions aider les clients à trouver leur place, et ensuite, nous pouvions assister au spectacle. En fait, contrairement aux autres clients, nous étions payés, pour assister aux spectacles. Une frite avec ca?
1973-1974 Mes débuts, en informatique
Un ami de mon père avait un fils qui travaillait en informatique. Je l'avais rencontré, et il m'avait donné des informations, où travailler, quelle position rechercher, mais surtout, à quelle école aller étudier. À cette époque, il n'y avait pas de cours d'informatique, à l'Université de Montréal. Je m'étais donc inscrit à l'Institut Control Data.
Le cours durait presque un an, et il se passait surtout sur les ordinateurs CDC. On nous apprenait des langages, Fortran, Cobol. Mais on ne parlait pas vraiment de l'informatique. C'est un peu comme un étudiant qui apprendrait le Grec, en espérant devenir philosophe. Enfin, j'avais obtenu les meilleures notes, et je pensais bien trouver ensuite, une position en informatique.
Mais il n'y avait pas beaucoup d'ouvertures. Un peu partout, on me demandait d'avoir de l'expérience, sans jamais me la proposer. J'avais finalement trouvé un poste, à la Banque Royale du Canada: un poste d'opérateur. En fait, ça n'était pas de la programmation, ni même un travail d'opérateur. Il me fallait simplement transporter des cartes perforées et des listings, entre l'étage des ordinateurs, et le sous-sol de l'édifice. Je n'entrais même pas dans la salle d'ordinateur.
Un jour, en descendant au sous sol, l'ascenseur s'était arrêté à un étage, et la porte s'était ouverte devant un mur, sur lequel il y avait une annonce. On cherchait un opérateur d'ordinateur. Je sorti de l'ascenseur, et j'allai vérifier la demande. C'était le Trust Général du Canada, une autre sorte de banque. Mais cette fois, on cherchait un véritable opérateur. La rencontre fut brève. Le directeur m'engagea aussitôt. Mais il ajouta: ce que tu fais, en dehors de ton travail, ça ne me regarde pas, et ce que je fais, en dehors de mon travail, ça ne te regarde pas non plus. J'étais un peu étonné, alors il ajouta: j'habite en face de chez toi.
Je devins donc opérateur informatique, pour quelques mois, peut être un an. Mais je n'aimais pas le travail. J'étais bien près de la machine, mais seulement pour lui faire lire des cartes, ou imprimer des listings. Franchement, je n'avais pas étudié l'informatique, pour faire ce genre de travail, Je décidai donc d'aller voir ailleurs.
1975-1976 Mes débuts, en électronique
Un autre ami de mon père, avait un fils qui travaillait chez Xerox, comme technicien superviseur. Et il semblait croire que je pourrais aussi y travailler, même si je n'avais aucune formation en électronique, alors qu'on m'avait refusé en informatique, malgré mon éducation et mon expérience. Enfin, j'étais allé le rencontrer, on m'avait fait passer plusieurs tests, des examens, et quelques jours plus tard, on m'avait rappelé. Cette fois, j'avais rencontré un autre superviseur, et il m'avait expliqué que j'étais engagé, et qu'on allait me faire passer un test, afin de savoir, ce qu'il fallait m'apprendre, pour être qualifié. Par la suite, on m'avait envoyé à leur université privée, aux pyramides de Leesburg, près de Washington. Les premiers cours duraient quelques semaines. Mais il fallait ensuite y retourner quelques fois, en fait, à chaque année.
En finissant le premier cours, on m'avait assigné à leur centre de réparation près de Blue Bonnets. C'était un laboratoire où on réparait les photocopieurs, en les désassemblant, en changeant les pièces défectueuses, et en les réassemblant. J’étais supposé être un technicien en électronique. Mais je faisais plus souvent de la mécanique. Enfin, ça donnait quand même une magnifique expérience.
Un peu plus tard, on m'assigna un territoire, dans l'est de la ville, en me fournissant une voiture. Le travail était très dynamique, et les techniciens étaient tous des champions. En fait, en peu de temps, j'étais aussi devenu un bon technicien. Mon parton m'avait même dit que j'avais peut être gagné un voyage à Hawaï, avec les champions de l'année.
Mais lors d'un changement de direction, on tenta de me transférer à Toronto, dans leur équipe informatique, ce que j'aurais bien aimé. Mais sans trop m'en parler, il semble que le projet ne fonctionnait plus, et en peu de temps, on commença à me trouver des défauts. Mon gérant immédiat avait même demandé à un autre technicien, d'enlever la vitre d'un photocopieur, et de l'apporter au bureau, afin de prouver que j'avais oublié de la nettoyer. Ce fut ma dernière journée. Je quittai aussitôt en prétendant que j'allais retourner à l'université.
1976-1977 Mes débuts, en assurance
Quelques jours plus tard, j'avais demandé à La Métropolitaine, ma compagnie d'assurance, de renouveler mon assurance vie. Un vendeur était venu à la maison, et en parlant avec moi, il m'avait suggéré de devenir agent d'assurance. Il m'avait vraiment vendu l'idée. J'acceptai de rencontrer son patron, et après m'avoir expliqué ce qu'il fallait faire, je m'inscrivis à leur cours de base, afin de pouvoir ensuite, compléter leur examen. En quelques jours, j'étais devenu agent d'assurance vie. Bien sur, il m'avait fallu acheter une voiture. J'avais choisi, une petite Honda. Au début, la compagnie me garantissait un salaire de base, que j'étais supposé remplacer par mes ventes. En quelques mois, j'avais même déjà plusieurs ventes.
Je n'étais pas riche. Mais disons que j'étais confortable. J'avais commencé des cours de pilotage, à l'aéroport de St-Jean. Plus tard, j'avais même décidé de changer de voiture. Mais je l'ai gardé un mois, avant de perdre une roue avant, dans une courbe, en contournant le tunnel Hyppolite Lafontaine, sur la Rive Sud. La voiture était sortie de la route, elle avait frappé un lampadaire, et elle s'était séparée en deux parties, avant de s'écraser au fond d'un faussé. J'avais été blessé, deux cotes cassées, mais mon voisin avait une jambe cassée, et mon frère avait un pied fracturé.
J'appelai aussitôt ma compagnie d'assurance. Les problèmes qui suivirent, furent encore plus compliqués que l'accident. Premièrement, j'avais décidé de changer de compagnie d'assurance. Le 1er Septembre, j'avais acheté une nouvelle police d'assurance. Le 2 Septembre, j'étais allé canceller l'ancienne police. Le 3 Septembre, j'avais eu mon accident. Le 6 Septembre, j'appelais ma nouvelle compagnie d'assurance, pour lui rapporter l'accident. Quelques jours plus tard, l'agent me rappela, pour me dire que ma police d'assurance n'était pas encore en force.
Par la suite, il y eu beaucoup de discussions et de problèmes. Premièrement, la police considérait que je n'étais pas assuré, et donc, régulièrement, ils venaient m'enlever mon permis de conduire. Il me fallait alors contacter un bureau du gouvernement, pour retrouver mon permis de conduire. On m'a quand même fait ça plusieurs fois.
Aussi, mon voisin avait commencé une poursuite. Il me réclamait 100,000$. Le plus drôle, si on peut dire ça comme ca, son avocat était aussi l'avocat de ma nouvelle compagnie d'assurance. Quelle étrange coïncidence.
Enfin, pendant des années, au moins 10 ans, j'avais du engager plusieurs avocats. À chaque fois, ça semblait bien commencer. Chacun trouvait l'affaire bien simple, et me promettait de tout régler, rapidement. Puis, après quelques semaines, ils m'envoyaient une lettre, me disant qu'ils ne pouvaient plus me représenter.
Enfin, après 10 ans, il y eut 2 procès. Le premier, afin de prouver que j'étais responsable de l'accident. Le deuxième, afin de prouver qu'aucune compagnies d'assurance n'était responsable. En cour, les deux avaient présentés de faux documents. La première compagnie d'assurance prétendait que j'avais cancellé mon assurance le 1er Septembre, alors que je les avais visité le 3 Septembre. Et la deuxième compagnie d'assurance prétendait que mon assurance ne devait commencer que le 9 Septembre, alors que je les avais visité le 1er Septembre. En fait, les deux compagnies avaient faussé les documents, en barbouillant simplement par dessus les originaux. Dans le contrat de la deuxième compagnie, on voyait très bien qu'on avait dessiné un 9, par dessus le 1. Mais le juge n'avait rien trouvé de bien étrange dans tout ca. Il avait même décidé que les deux compagnies d'assurance avaient raison.
Enfin, mon dernier avocat, le dernier qui m'ait trahi, il est décédé d'un accident, lors de l'enterrement du Cardinal Léger. Il s'était enfargé dans un câble de télévision, et il s'était fait une fracture du crane, dont il est décédé. J'ai quand même gardé un étrange souvenir de ce long procès, et surtout, de la véritable valeur de ce que nous appelons: notre système de justice.
1978-1991 Mon retour en informatique
Par la suite, au cours des années suivantes, j’étais revenu en informatique. Bien sur, j’étais un expert, en informatique, mais pas en entreprises multinationales. Je pouvais programmer leur système, le remettre en ordre. Mais je ne pouvais pas deviner où ils voulaient vraiment aller, enfin, pas au début. Ça me pris quelques temps, pour comprendre, ou deviner leur véritables intentions. En fait, la plupart de ces compagnies se préparaient à déménager au Mexique. Ils voulaient donc simplifier leur système, et ne conserver que ce qui leur semblait vraiment important, aussi bien dans leur ordinateur, quand dans la masse de leurs employés. Les années suivantes furent donc pleines de découvertes, étonnantes, et pas toujours agréables. Mais au début, je ne voyais rien, et je me sentais confortable.
Dès le début, en visitant une exposition de bateaux, à la Place Bonaventure, j’avais acheté un Tanzer, un petit voilier de 22 pieds, que j’avais fait livrer à une marina de l’est de Montréal, en attendant de m’installer à la marina de l’Expo, à la Ronde. Mes parents et mes amis pensaient que je dépensais beaucoup d’argent. Mais ils se trompaient. J’étais plutôt en train d’en faire plus, qu’avec mon travail de programmeur. D’abord, j’avais payé ce voilier à peu près 11,000$ et à la fin de l’été, je l’avais revendu 15,000$. L’année suivante, j’avais acheté un autre voilier, un Tanzer de 26 pieds, et encore une fois, à la fin de la saison, je l’avais revendu, plus cher que je l’avais payé. J’ai fais la même chose avec 2 autres voiliers. Mais aussi, le propriétaire de la marina de l’est de Montréal, et son ami, assureur de bateaux, ils étaient devenus mes clients. L’assureur voulait utiliser un laptop, pour y copier ses livres de taux, et le propriétaire de la marina de l’est de Montréal, avait besoin d’un système comptable, pour mieux gérer ses nombreux clients. Et donc, contrairement à ce qu’on pourrait penser, on n’achète pas un voilier, parce qu’on est riche, mais surtout, parce qu’on veut s’enrichir. Bon, j’exagère un peu. parce qu’au début, je ne savais pas du tout ce qu’il allait m’arriver.
En même temps, j’avais commencé des cours de navigation, à la Canadian Power Squadron. Un peu plus tard, j’étais même devenu lieutenant, et à mon tour, je donnais des cours de voile, enfin, surtout des cours de navigations.
Mais le plus amusant, ce fut à la marina de l’Expo. Il y avait plusieurs autres bateaux, et la plupart ne sortaient pas souvent. En fait, seuls les voiliers sortaient, presque tous les jours, surtout quand il ventait, alors que les bateaux à moteurs restaient toujours bien attachés à leur quai, pendant que leurs propriétaires se rencontraient, sur les quais, ou à l’intérieur, en mangeant, ou en prenant un café. On parlait alors, de tout et de rien, jusqu’à ce qu’on me demande: et toi, qu’est-ce que tu fais?
En fait, la plupart des clients de la marina étaient des gens d’affaires. et quand je leur disais que j’étais informaticien, ça leur éveillait soudain quelques questions. C’est ainsi que je me suis fait plusieurs autres clients. Certains avaient déjà des ordinateurs, des programmeurs, mais d’en rencontrer un à la marina, ça semblait lui donner plus de valeur. Enfin, je n’étais certainement pas un homme d’affaires, Mais j’ai quand même eu l’occasion d’en faire.
En même temps, j'étai devenu un grand frère, à l'association des Grands Frères et Grandes Soeurs de Montréal. et dès le début, on m'avait demandé de faire des conférences, pour informer les futurs grands frères et grandes soeurs. En fait, quelques années plus tard, on me demanda aussi de faire partir du conseil d'administration. Ce fut encore l'occasion de rencontrer de nouveaux amis, souvent même, des gens en affaires. Enfin, un informaticien, ça s'informe.
Par la suite, j'avais commencé des cours d'enseignement des mathématiques, à l'Université du Québec. Je suivais ces cours le soir, et donc, avec des professeurs d'expérience, à qui on avait demandé de compléter un bac, afin de conserver leur revenu habituel. Ces professeurs avaient en moyenne, au moins 10 ans d'expérience. Mais quand le professeur commençait à parler de mathématiques, pourtant du niveau secondaire, la plupart de ces professeurs semblaient être perdus. Les mêmes professeurs qui répétaient sans cesse, que leurs étudiants ne semblaient rien comprendre, en mathématiques
C'est à la même époque que j'avais rejoint l'équipe des futurs prêtres de Longueuil, et commencé des cours de théologie, à l'université de Montréal. En fait, les premiers cours se donnaient dans le sous sol d'une église de Boucherville. En même temps, je devais rencontrer différents personnages, entre autres, une psychologue qui, en plus de parler avec moi, m'avait fait passer un test de quotient intellectuel. Quelques jours plus tard, elle me rappela, pour me rencontrer à nouveau. Dans son bureau, elle me donna les résultats de mon test: vous êtes intelligent, très, peut-être même, trop intelligent. Bien sur, je lui avais demandé, comment être intelligent, et même trop, pouvait être une nuisance à quoi que ce soit. Encore une fois, pour ce genre de monde, être intelligent, c'était plutôt vu comme un problème.
Enfin, n'ayant rien de mieux à faire, j'avais commencé à suivre des cours, une initiation au marché boursier, à la Bourse de Montréal. C'était intéressant, du moins, l'étude de la mécanique théorique du marché boursier. Mais de là à passer à l'action. La prochaine étape, c'était d'investir dans ce marché boursier, alors que pendant les cours, on venait de voir tous les problèmes et les échecs de nombreux clients, et pas forcément des plus ignorants. Après tout, même si on connait tout, à propos du marché boursier, ça ne veut pas dire qu'on connait la moindre affaire, à propos de l'action qu'on vient d'acheter.
Mais je suivais des cours, à l'université, ou dans les entreprises privées, parce que je ne voulais plus regarder la télévision. Alors, à la suggestion d'un de mes employeurs, j'avais commencé une autre série de cours, à l'Uquam, une maitrise en gestion de projets.
Encore une fois, ce fut une perte de temps, Ceux qui donnaient les cours n'avaient jamais travaillé en industrie, ils ne connaissaient même pas les problèmes courants de ces industries. On avait simplement décidé d'inventer ces cours, et on y avait affecté les professeurs qui semblaient les plus adéquats.
Finalement, j'étais retourné à l'université de Montréal, pour assister à une série de conférences, sur l'intelligence artificielle. Dès le début, le professeur nous avait suggéré de changer le nom du cours. Puisque la plupart des humains ne connaissent rien, à propos du cerveau, on ne pouvait pas prétendre de le programmer sur un ordinateur. Après tout, même si nous étions déjà des experts, en comptabilité, ça nous avait quand même pris des années, pour essayer de la programmer sur des ordinateurs. Aussi, au lieu d'intelligence artificielle, nous parlions plutôt d'un système expert, de base de données complexes, et d'un système de recherche convivial. En fait, ces conférences avaient surtout pour but, d'explorer les possibilités, et les possibles demandes. Et le premier système d'intelligence que j'ai vu, c'était pour aider les médecins à établit leur diagnostic, en leur suggérant des examens, sur leurs patients.
Enfin, j'avais repris mes cours de pilotage. Mon ancien professeur était devenu directeur, à St-Hubert. Il ne donnait plus de cours, ou très peu. Mais il me présenta l'un de ses anciens élèves, en me disant que c'tait le meilleurs qu'il avait connu.
Il avait raison, mon nouveau professeur était jeune, peut être vingt ans. Mais il était excellent. En peu de temps, il me donna des cours de pilote privé, vol de nuit, et multi moteurs. Par la suite, je voyageais un peu partout: Drummondville, Beloeil, Sorel, Québec, Roberval. J'allais un peu partout, j'y passais un moment, je prenais un café, et je revenais à St-Hubert. L'idée, c'était de passer du temps dans l'avion. Parfois, je prenais des passagers, des amis. L'un d'eux m'avait demandé, si c'était stressant, de piloter un avion. Je n'y avais jamais pensé. Mais, quand on regarde ca, en décollant de Québec, on voit déjà Montréal. Et puis, en revenant à la maison, en passant sur le pont Jacques-Cartier, au milieu du trafic, je lui avais dit: tu vois, rouler sur le pont, ou en ville, ça me stresse plus que de voler au dessus du Québec.
Je passais aussi beaucoup de temps à l'aéroport de St-Hubert, dans le petit club, ou café, au dessus de l'école de pilotage. C'est là que j'avais rencontré un autre pilote, qui était officier dans les Royal Grenadier Guard. En lui parlant de mes expériences passées, il me suggéra de donner des cours de tir, aux cadets. C'est ainsi que je devin: civil range officer, dans les Royal Grenadier Guard. Lors de mon premier cours, le capitaine m'avait présenté aux cadets, en leur expliquant que j'étais leur entraineur, mais que j'étai un civil, et donc, qu'il ne devaient pas me saluer, du moins, pas de façon militaire.
1991-1994 Mes débuts en affaires
Ayant abandonné l'informatique, je m'étais associé à un ami que j'avais rencontré à la marina de l'Expo. Il opérait une compagnie de publicité, des tableaux indicateurs, dans les arénas du Québec, et il m'avait suggéré de vendre de la publicité, comme lui, en me vendant 2 de ses tableaux. Parmi toutes mes gaffes, ce fut certainement la meilleure, et bien sur, la moins payante. Mais en même temps, en fouillant un peu partout, pour faire développer mes photos, et imprimer certains documents, j'avais rencontré une femme qui opérait une imprimerie, dans son sous sol, et elle m'avait suggéré de m'occuper de la campagne électorale d'une de ses amies, qui était candidate fédérale, dans St-Hubert.
Après quelques désaccords avec cette candidate, la directrice des élections du Québec m'avait suggéré de m'occuper d'un autre candidat, dans Longueuil. Et là ce fut fantastique, du moins, amusant. Je m'y fis plusieurs nouveaux amis. Et j'eu l'occasion de rencontrer d'autres candidats, et des organisateurs généraux, dans les bureaux de Montréal. Nous n'avons pas gagné les élections. Mais j'y avais eu beaucoup de plaisir.
C'est à cette époque, que j'étais devenu membre, de la Chambre de Commerce de la Rive Sud. Je n'avais pas vraiment de commerce. Mais c'était l'occasion de rencontrer des gens actifs. Et puis, étant photographe et écrivain, j'étais devenu un collaborateur, pour la Revue de la Rive Sud.
1994-2007 Mes débuts en transport
J'avais revu l'un des étudiants, à qui j'avais donné des cours de tir, dans le sous sol de l'école primaire, près de Gérard-Filion. Il était devenu un routier, et en parlant avec moi, il m'avait convaincu de faire la même chose. J'allais donc suivre de cours de conduite, dans une école de camions. Par la suite, j'avais acheté un camion, une remorque, et le vendeur m'avait suggéré de faire mes premiers voyages avec l'un de ses amis. Je fis quelques voyages avec lui, et je parti ensuite, seul, sur les grandes routes américaines. Au début, ce ne fut pas facile, j'avais encore beaucoup à apprendre, plus que ce qu'on avait prétendu m'enseigner, pendant mes cours de conduite. Mais je pris vite mon expérience, en découvrant les plaisirs de la route. En fait. je roulai plus de temps sur les routes, que j'en avais passé en informatique.
Souvent, quand je parlais de mon nouveau métier, à mes anciens amis, on se moquait de moi. L'un d'eux, que j'avais connu, quand je travaillais en informatique, m'avait dit: tu es rendu bien bas. Et alors, je lui avais répondu: toi, tu rêves d'aller en Californie, depuis des années, enfin, quand tu auras l'argent. Et moi, j'y vais deux fois par mois. Mieux encore, moi, on me paye pour voyager, et être en vacances.
Quand je revenais, je laissais mon camion dans la cours de l'ami avec qui j'avais fais mes premiers voyages. Il habitait en campagne, près d'une ferme ou on donnait des cours d'équitation. Aussitôt que je découvris la place, j'allai m'y inscrire. En quelques mois, j'avais eu un premier diplôme: Cavalier II. En fait, me laisser promener par ces magnifiques chevaux, c'était aussi agréable que de rouler sur les routes américaines.
À la même époque, j'avais commencé des cours de reliure, et restauration l'Atelier O Fodo. Presque aussitôt, je m'étais installé un petit bureau de reliure, dans ma chambre. J'avais commencé à réparer mes livres, à les relier, et quand j'en parlais à mes amis, ils me demandaient souvent de réparer leurs livres.
Dans le même édifice que l'atelier de reliure, il y avait aussi, l'atelier de Rémi Bono, un jeune homme infirme, à la suite d'un accident de moto qu'il avait eu, dans sa jeunesse. Il se déplaçait en chaise roulante, et il peinturait avec sa bouche, en fait, beaucoup mieux que tous ceux qui faisaient la même chose avec leurs mains. Je commençai donc à y prendre des cours de peinture à l'huile. C'était très agréable. Surtout, qu'il était plus tannant que moi. Quand je lui disais que je n'arrivais pas à faire ce qu'il me proposait, il me répondait, en riant: et moi, tu penses que j'arrive à le faire, avec mes mains? Fais donc comme moi, fais le avec ta bouche.
Enfin, quelques années plus tard, j'avais cessé de rouler, pendant un moment. Une amie des élections fédérales de 1992, m'avait proposé d'être directeur des élections fédérales, pour Longueuil, en 1997. D'abord, il me fallait aller suivre des cours, à Ottawa. Ensuite, quelques cours complémentaires, à Montréal. Puis ce furent les élections de 1997. Mais cette année là, nous avions d'abord eu un recensement, au printemps, avant les élections, en été.
Après les élections j'avais décidé de m'ouvrir un studio de photographe où, pendant l'année suivante, j'ai eu au moins 3 clients. Aussi, peu de temps après, quand on me proposa une mission, à Singapour, j'acceptai aussitôt. Pendant un moment, je devais faire des conférences, au collège Temasek, de Singapore. Plusieurs étudiants rêvaient de poursuivre leurs études universitaires, en Amérique, et je leur expliquais, comment on peut y vivre et s'y déplacer. Ce fut une expérience magnifique. Je m'y fis plusieurs amis.
À mon retour à Montréal, j'avais rencontré le directeur du Comité Tibétain de Montréal. Il voulait inviter le Dalaï Lama au Canada. Mais certains de ses amis croyaient que ça serait impossible, et que le Canada n'oserait pas, parce que ça pourrait choquer les Chinois.
Au cours des élections, j'avais connus plusieurs personnages importants, et j'avais décidé de les contacter, pour leur proposer d'inviter le Dalaï Lama. Heureuse coïncidence, les élections fédérales arrivaient, et j'avais détecté que certains députés deviendraient probablement ministres. J'en avais donc contacté quelques uns, et ils semblaient tous d'accord, pour proposer ce projet en chambre. Après tout, les députés aiment bien paraitre dans un projet, surtout si ça ne risque pas de nuire à leurs élections. Et puis, mes amis tibétains s'étaient trompés, aussi bien sur les intentions des Chinois, que sur les craintes des Canadiens. Après les élections, on proposa un projet en chambre, et le Dalaï Lama fut aussitôt invité. Ce fut mon dernier projet, avant de retourner sur les routes américaines, jusqu'en 2007.
Par la suite, étant plus ou moins retraité, même et surtout, sans véritable retraite, j'ai continué de réparer des livres, et de les relier, tout en collectionnant les meilleurs, bien sur.
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